Soif : de passion et d’engagement

Publié le 8 novembre 2021

Après avoir brillé sur la scène internationale, la sommelière étoile Véronique Rivest a concrétisé un rêve de longue date, celui d’ouvrir un bar à vin. Sa notoriété lui aurait permis de réaliser ce projet à Montréal, à Toronto ou à New York. Elle a plutôt choisi de retourner à ses racines gatinoises et d’offrir une expérience à son image, basée sur la découverte, la simplicité et le plaisir. Petit tour chez Soif, où l’authenticité est de mise, du verre à l’assiette.

Véronique Rivest aime profondément Gatineau et la région de l’Outaouais. C’est là qu’elle a grandi et qu’elle a fait ses premières armes en restauration, dès l’âge de 16 ans. C’est là aussi qu’elle est retournée après chaque voyage, pour des études ou pour passer des concours, portée pendant 15 ans par les encouragements et le soutien des Outaouais. 

C’est donc très naturellement qu’elle a décidé, après sa participation en 2013 au Concours du meilleur sommelier du monde — où elle est devenue la première femme de l’histoire à atteindre le podium, à la deuxième place — de poser, pour de bon, ses bagages à Gatineau, là où personne ne l’attendait.


« Ici, c’est chez moi, c’est ma maison, dit-elle. Et même si le choix d’ouvrir Soif ici a pu étonner beaucoup de personnes, j’ai prouvé que ce projet pouvait fonctionner et redynamiser un quartier pas mal malmené depuis la construction des grosses tours à bureaux fédérales, qui l’ont dénaturé. Je souhaitais aussi redonner à ma manière aux habitants de cette région, qui ont toujours cru en moi. » 

Le défi était de taille ; mais force est de constater que sept ans plus tard, Soif attire non seulement les Outaouais, mais aussi des visiteurs de toutes les régions québécoises et, oui, les regards du monde entier. Même les grands vignerons étrangers — qui ne faisaient auparavant escale qu’à Montréal et Toronto — se rendent à Gatineau pour y présenter leurs produits. 

Évidemment, cet attrait ravit la sommelière devenue entrepreneuse, qui s’exclame : « J’aime l’idée que les gens viennent découvrir mon bar à vin, mais aussi qu’ils en profitent pour séjourner à Gatineau, qui a tous les avantages d’une grande ville sans les inconvénients qui vont avec, en général. Impossible d’être “pogné” dans le trafic, ici ! J’ai plutôt, à cinq minutes de chez moi, des agriculteurs chez qui je peux tous les jours m’approvisionner. Et je bénéficie de l’omniprésence de la nature, de plein de petits commerces et d’une communauté tissée serrée. » Avec une telle profession de foi, difficile de continuer de penser qu’à Gatineau, il n’y a rien d’intéressant… 


L’art du vrai

L’amour de Véronique Rivest pour sa région n’a d’égal que celui qu’elle voue aux vins. Un univers dans lequel la très grande curieuse qu’elle est a assouvi sa soif de connaissances, dans de nombreux domaines. « Le vin m’a nourrie, car on y apprend de tout ! Agronomie, géologie, biologie, chimie, histoire, économie, géographie, marketing… » Ajoutons à cela le fait que la sommelière est également détentrice d’un bac en littérature étrangère, d’un MBA en commerce international et, qu’enfin, elle est quadrilingue, et on saisit l’étoffe de cette grande dame.

Toutefois, contrairement à ce que certains pourraient redouter, Soif est tout sauf un bar à vin élitiste ou empesé. « Il y a encore beaucoup trop de snobisme rattaché au milieu du vin et de la sommellerie, confie la sommelière à la proverbiale franchise. C’est fou à quel point on passe du temps à déboulonner des mythes, comme l’obligation de changer de verres entre les services, alors même qu’ils sont bien plus adaptés, s’ils sont déjà avinés. »


On l’aura compris, Véronique Rivest a une vision inclusive du vin, qu’elle vulgarise depuis des années sur toutes les tribunes qui lui sont offertes. Sans le niveler vers le bas, elle l’aborde avec simplicité et authenticité, entourée d’une équipe qui partage ses valeurs. « Soif, c’est avant tout un lieu de découverte et d’hospitalité. Ça fait partie de nous, ce désir de faire plaisir aux gens. »

Soif est destiné aux amateurs de vins, bien sûr, mais aussi à ceux qui connaissent moins cet univers et souhaitent être accompagnés. « Et même à ceux qui n’aiment pas du tout le vin, ajoute la restauratrice. Il n’y a pas de prérequis pour venir nous voir. Nous prenons tout autant soin de ceux qui ne boivent pas que des autres. Nous préparons des accords mets-boissons sans alcool pour eux, de manière à ce que leur expérience soit aussi réussie qu’avec des vins. »

Un bar… et une bonne table

Le terme « bar à vin » pourrait laisser croire qu’à Soif, on ne trouve que de l’alcool. Mais la réalité est bien différente, puisque cet établissement propose une cuisine travaillée, qui s’est distinguée au palmarès de 2015 des 10 meilleurs nouveaux restaurants canadiens du magazine enRoute.

Alors, à quelle expérience gourmande peut-on s’attendre à Soif ? Eh bien, à celle que l’on choisit. On peut s’y rendre pour simplement prendre un verre, participer à un atelier de découverte ou prendre un repas complet. « Ici, on peut dépenser 20 comme 200 dollars. Et aucun client ne sera bousculé, quel qu’il soit », assure la restauratrice.


Aussi, le menu de Soif se veut très flexible, avec de petites assiettes qui mettent en vedette des fromages du Québec et des charcuteries maison ou des offres plus audacieuses, comme une caille accompagnée de betteraves, de tomatilles et de champignons ou de la morue charbonnière aux pommes de terre, aux prunes et aux oignons grelots. C’est un menu qui change au gré des saisons, des trouvailles et des disponibilités des produits du terroir ; et, bien sûr, on a l’assurance d’avoir, dans le verre, des propositions tout aussi intéressantes que dans l’assiette.

Est-ce que la maxime du Soif, « de la vraie nourriture, du vrai vin, de vraies personnes » résonne en vous ? Un petit tour au centre-ville de Gatineau s’impose alors. Et notre petit doigt nous dit que vous adorerez votre expérience.

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Par Sophie Ginoux

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